Verser 3 000 € sur un PER peut vous faire économiser 900 € d’impôt dès l’année suivante, si votre taux marginal est de 30 %.
C’est l’argument qu’on vous sert partout. Sauf que l’impôt n’est pas effacé, il est repoussé, et tout se joue au moment où vous récupérez l’argent.
Je suis Virginie, la créatrice de ce site. À presque 60 ans, je me pose moi-même la question du PER, alors j’ai repris la fiche officielle de Service-Public ligne par ligne, avec les règles qui s’appliquent en 2026.
À l’entrée : la déduction des versements
Les versements volontaires sur un PER individuel peuvent être déduits de votre revenu imposable. C’est une option : vous pouvez aussi choisir de ne pas les déduire, et ce choix change tout à la sortie.
La déduction est plafonnée, pour chaque membre du foyer fiscal.
| Votre situation | Plafond de déduction en 2026 |
|---|---|
| Salarié | 10 % des revenus d’activité de 2025, entre 4 710 € et 37 680 € |
| Retraité ou sans activité professionnelle | 4 710 € |
Les plafonds non utilisés des 5 années précédentes sont reportables. Votre avis d’impôt indique le montant dont vous disposez.
Une nouveauté compte pour les plus âgés. Depuis le 1er janvier 2026, les versements faits après 70 ans ne sont plus déductibles. Vous pouvez toujours verser, mais sans avantage fiscal à l’entrée.
Ce que ça rapporte vraiment
La déduction ne fait pas baisser l’impôt du même montant. Elle réduit le revenu imposable, et l’économie dépend de votre tranche marginale.
- Revenu imposable de 30 000 €, versement de 1 200 € : la base imposable descend à 28 800 €.
- Avec une tranche marginale à 30 %, ces 1 200 € vous font économiser 360 € d’impôt.
- Avec une tranche à 11 %, l’économie tombe à 132 €.
Donc plus vous êtes imposé aujourd’hui, plus la déduction est intéressante. Et si vous ne payez pas d’impôt, elle ne sert à rien.
À la sortie en capital : deux parts, deux régimes

À la retraite, le capital que vous retirez se découpe en deux morceaux. Ce que vous avez versé, et ce que ces versements ont rapporté.
| Versements déduits à l’entrée | Versements non déduits | |
|---|---|---|
| Part des versements | Impôt sur le revenu au barème, sans abattement de 10 %, pas de prélèvements sociaux | Exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux |
| Part des gains | Prélèvement forfaitaire unique | Prélèvement forfaitaire unique |
Le prélèvement forfaitaire unique a augmenté. Il est de 31,4 % sur les gains acquis depuis le 1er janvier 2026, dont 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 30 % auparavant.
Autrement dit, l’avantage à l’entrée se paie à la sortie. Vous avez déduit, vous serez imposé sur le capital.
Rien n’est gratuit.
C’est pour ça que je ne crois pas à un PER « miracle ». Si votre tranche d’imposition est la même à la retraite qu’aujourd’hui, le gain vient surtout du temps passé à faire fructifier l’impôt économisé. Si elle baisse, comme c’est souvent le cas, l’opération devient nettement plus intéressante.
Un conseil pratique : fractionnez vos retraits sur plusieurs années. Une grosse sortie d’un coup peut vous faire grimper d’une tranche.
À la sortie en rente
Vous pouvez aussi transformer votre épargne en rente viagère. La fiscalité dépend, là aussi, de ce que vous avez fait à l’entrée.
- Versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite, avec l’abattement de 10 %. Des prélèvements sociaux s’appliquent sur une fraction de la rente.
- Versements non déduits : seule une fraction de la rente est imposable, et elle dépend de votre âge au premier versement.
| Âge au premier versement de la rente | Part imposable |
|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % |
| 50 à 59 ans | 50 % |
| 60 à 69 ans | 40 % |
| Plus de 69 ans | 30 % |
Pour les rentes versées depuis 2026, cette fraction supporte des prélèvements sociaux de 18,6 %. Pour comparer les deux options en détail, voyez notre article sur le choix entre sortie en capital ou en rente.
Les déblocages anticipés

Avant la retraite, l’argent reste en principe bloqué. Deux types de situations font exception, avec des régimes très différents.
L’achat de la résidence principale
La fiscalité est alors la même qu’une sortie en capital classique. Versements déduits imposés au barème, sans prélèvements sociaux, versements non déduits exonérés, gains au prélèvement forfaitaire unique.
Les accidents de la vie
Décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire : dans ces cas, la part des versements est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux.
Seuls les gains restent soumis aux prélèvements sociaux. Pas d’impôt sur le revenu dessus.
Déduire ou ne pas déduire ?
C’est la vraie question, et elle se pose versement par versement.
Déduire est intéressant si vous êtes dans une tranche à 30 % ou plus et que vous pensez descendre d’une tranche à la retraite. Ne pas déduire peut se justifier si vous êtes peu ou pas imposé aujourd’hui, ou si vous voulez récupérer un capital sans impôt sur la part versée.
Pour situer votre future imposition, relisez notre article sur l’imposition de la pension de retraite. Et si vous hésitez sur la forme de sortie, la page sur la transformation d’un PER en rente détaille les options.
Mon conseil : avant votre prochain versement, regardez votre tranche marginale sur votre dernier avis d’impôt et le plafond disponible indiqué en bas de page. C’est ce que je fais avant de décider quoi que ce soit, parce qu’ensuite le choix de déduire est définitif pour ce versement.
Testez vos connaissances

1. Quel est le taux du prélèvement forfaitaire unique sur les gains d’un PER acquis depuis 2026 ?
Il est passé à 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux.
2. En sortie en capital, comment est traitée la part des versements non déduits ?
Vous avez déjà payé l’impôt sur ces sommes, seuls les gains sont taxés.
3. Depuis 2026, à partir de quel âge les versements ne sont-ils plus déductibles ?
Les versements après 70 ans restent possibles, mais sans déduction.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de déduction d’un PER pour un retraité ?
En 2026, un retraité sans revenus professionnels peut déduire jusqu’à 4 710 €. Les plafonds non utilisés des 5 années précédentes s’y ajoutent.
Peut-on encore verser sur un PER après 70 ans ?
Oui, mais depuis le 1er janvier 2026 ces versements ne sont plus déductibles du revenu imposable.
La sortie en capital d’un PER est-elle soumise aux prélèvements sociaux ?
Pas sur la part des versements. Les gains, eux, supportent le prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 % pour ceux acquis depuis 2026.
Le déblocage pour accident de la vie est-il imposable ?
La part des versements est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux. Les gains restent soumis aux seuls prélèvements sociaux.





