Une chute dans un escalier à Lisbonne, une infection pendant un circuit au Maroc : la question du remboursement arrive toujours après, la facture à la main.
Et la réponse dépend surtout d’une chose, le pays où vous avez été soigné.
Je suis Virginie. Je voyage plus souvent depuis que la retraite se rapproche, alors j’ai voulu savoir exactement ce que l’Assurance maladie rembourse, et comment le demander sans perdre des semaines.
En Europe : la carte européenne fait presque tout

Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni, votre sésame s’appelle la carte européenne d’assurance maladie, la CEAM. Elle est gratuite, individuelle, et se commande sur votre compte ameli.
Avec elle, vous êtes soigné comme un assuré du pays. Selon les cas, vous n’avancez pas les frais, ou vous les avancez et vous êtes remboursé sur place par la sécurité sociale locale.
Trois points à connaître avant de partir :
- Elle est valable 2 ans maximum, et jamais au-delà de vos droits à l’assurance maladie.
- Commandez-la au moins 20 jours avant le départ. En cas d’urgence, un certificat provisoire valable 3 mois se télécharge tout de suite.
- Elle ne couvre que le secteur public. Les cliniques privées, les frais de secours et le rapatriement restent à votre charge.
C’est ce dernier point qui surprend le plus. Un rapatriement sanitaire peut coûter très cher, et il faut une assurance voyage, ou l’assistance de certaines cartes bancaires, pour le couvrir.
Vous avez payé sur place sans être remboursé ?
Rien n’est perdu.
Gardez vos factures acquittées et vos preuves de paiement, puis faites la demande à votre retour.
Le remboursement se fait alors sur la base des tarifs du pays de séjour, dans la limite de ce que vous avez payé. Vous pouvez aussi demander l’application des tarifs français, en le cochant sur le formulaire.
Hors d’Europe : seuls les soins urgents et imprévus
Aux États-Unis, en Thaïlande ou au Maroc, la règle change complètement. L’Assurance maladie ne prend en charge, à votre retour, que les soins urgents et imprévus.
Autrement dit, une consultation programmée chez un dentiste à l’étranger ne vous sera pas remboursée. Une appendicite en voyage, si.
Et même dans ce cas, le remboursement se fait dans la limite des tarifs français, souvent bien inférieurs aux prix pratiqués sur place. Certains pays ont signé des conventions avec la France qui prévoient une prise en charge directe, renseignez-vous auprès de votre caisse avant le départ.
Je vous le dis franchement : hors d’Europe, je ne partirais jamais sans une assurance voyage avec frais médicaux et rapatriement. Un séjour à l’hôpital aux États-Unis peut dépasser de loin ce que la Sécurité sociale vous rendra.
La démarche pas à pas sur ameli

La demande se fait désormais en ligne, et c’est le plus simple si vos papiers sont prêts.
- Rassemblez vos justificatifs. Les factures avec la mention « facture acquittée », les preuves de paiement et les ordonnances éventuelles.
- Connectez-vous à votre compte ameli, rubrique « Mes démarches », puis choisissez « Demander un remboursement de soins à l’étranger ».
- Décrivez les soins. Qui a été soigné, la nature des soins, le montant en monnaie locale, les dates du séjour, le motif du déplacement et s’il y a eu hospitalisation.
- Joignez les pièces et validez.
Vous n’utilisez pas internet ? Envoyez vos justificatifs à votre caisse par courrier avec le formulaire S3125, intitulé « Soins reçus à l’étranger ».
Ensuite, votre mutuelle peut compléter, selon votre contrat. Si vous vivez une partie de l’année hors de France, vérifiez aussi si votre mutuelle française vous suit à l’étranger, parce que les garanties hors Europe varient beaucoup d’un contrat à l’autre.
Et si vous habitez à l’étranger ?
Tout ce qui précède vaut pour les retraités qui vivent en France et voyagent.
Si vous vous êtes installé hors de France, les règles sont différentes. Votre pays de résidence peut devenir votre pays de prise en charge, et vos droits en France dépendent du pays et du régime de votre pension. Nous l’expliquons dans notre article sur les soins en France quand on vit à l’étranger.
Pour comparer les budgets santé avant une installation, regardez aussi les coûts de santé dans les pays les plus prisés des retraités.
Mon conseil avant chaque départ : je vérifie la date de validité de ma carte européenne sur mon compte ameli, et je photographie chaque facture dès que je la reçois. Une facture perdue au fond d’une valise, c’est un remboursement qui s’envole.
Testez vos connaissances
1. Combien de temps la carte européenne d’assurance maladie est-elle valable ?
Elle est valable 2 ans au maximum, et jamais au-delà de vos droits à l’assurance maladie.
2. Hors d’Europe, quels soins l’Assurance maladie peut-elle rembourser ?
Seuls les soins urgents et imprévus peuvent être pris en charge, au retour en France.
3. La carte européenne couvre-t-elle le rapatriement ?
Ni le secours ni le rapatriement ne sont couverts par la carte européenne.
Questions fréquentes
Où trouver le formulaire S3125 ?
Il est téléchargeable sur ameli.fr et sur Service-Public. Il ne sert que si vous ne faites pas la demande en ligne depuis votre compte ameli.
J’ai oublié ma carte européenne, que faire ?
Demandez un certificat provisoire de remplacement depuis votre compte ameli, il est valable 3 mois. Depuis l’étranger, vous pouvez aussi appeler le +33 184 90 36 46.
Les soins dans une clinique privée en Europe sont-ils remboursés ?
Pas avec la carte européenne, qui ne couvre que le système public du pays. Votre mutuelle ou une assurance voyage peut éventuellement prendre le relais.
Peut-on partir se faire soigner à l’étranger et être remboursé ?
Pas avec la carte européenne, qui exclut les séjours dont le but est de recevoir des soins. Pour des soins programmés, parlez-en à votre caisse avant de partir.





