Combien mettre de côté chaque mois, et combien garder pour vivre ? Personne ne peut vous donner un pourcentage universel.
Les « règles des 15 % » ou des « 10 % » qui circulent partout n’ont rien d’officiel. Votre bonne répartition dépend de votre future pension, de vos dépenses et du temps qu’il vous reste avant le départ.
Je suis Virginie, j’approche des 60 ans et c’est exactement le calcul que je fais en ce moment pour moi. Voici la méthode que j’applique, et les règles fiscales officielles des deux placements qu’on cite le plus souvent.
Commencez par votre future pension
La première chose à connaître, c’est ce que vous toucherez. Le simulateur officiel du site info-retraite.fr calcule une estimation tous régimes à partir de votre carrière réelle.
Prenez ce montant net mensuel. Puis comparez-le à vos dépenses actuelles, ligne par ligne.
L’écart entre les deux, c’est ce que votre épargne devra combler.
Rien d’autre.
Si vous ne savez pas encore lire votre estimation, notre article pour passer du brut au net et calculer votre montant réel vous aidera.
Faire la liste de vos dépenses à la retraite
Certaines dépenses baissent, d’autres montent. Il faut les regarder une par une plutôt que d’appliquer un coefficient au hasard.
- Le logement : êtes-vous propriétaire, avec ou sans crédit en cours au moment du départ ?
- La santé : la mutuelle d’entreprise s’arrête souvent, et une complémentaire senior coûte plus cher.
- Les transports : moins de trajets domicile-travail, parfois plus de voyages.
- Les loisirs : c’est souvent le poste qui grimpe les premières années.
- Les aides à la famille : enfants, petits-enfants, parents âgés.
Le poste santé est celui que beaucoup sous-estiment. Pour vous faire une idée, consultez le coût d’une mutuelle senior avant de boucler votre budget.
Un exemple de calcul
Imaginons une personne dont l’estimation officielle donne 1 700 € nets par mois. Elle dépense aujourd’hui 2 100 € par mois, et prévoit environ 2 000 € une fois à la retraite.
- Manque mensuel : 2 000 € moins 1 700 €, soit 300 €.
- Manque annuel : 300 € × 12, soit 3 600 €.
- Sur 20 ans de retraite, sans compter les rendements ni l’inflation : 72 000 €.
Ce chiffre reste approximatif. Mais il donne un objectif concret, et donc un effort d’épargne mensuel à viser sur les années qui restent.
Et si l’objectif paraît hors d’atteinte, prenez-le comme un signal. Il est peut-être temps de revoir les dépenses prévues, d’envisager quelques mois de travail en plus, ou les deux.
Où placer l’argent mis de côté ?

Deux enveloppes reviennent sans cesse quand on prépare sa retraite. Elles n’ont pas du tout la même fiscalité.
L’assurance-vie
Après 8 ans de contrat, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Au-delà, ils sont taxés à 7,5 % ou 12,8 % selon le montant total de vos versements.
Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent en principe aux gains. Et l’argent reste disponible à tout moment, ce qui est rassurant.
Le plan d’épargne retraite (PER)
Les versements volontaires peuvent être déduits de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond. En 2026, il est de 10 % des revenus d’activité, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € pour un salarié.
Mais l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Et l’impôt économisé à l’entrée est en partie payé à la sortie.
| Assurance-vie | PER | |
|---|---|---|
| Disponibilité | À tout moment | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf exceptions |
| Avantage fiscal principal | À la sortie, après 8 ans | À l’entrée, par déduction des versements |
| Pour qui surtout | Ceux qui veulent garder la main | Ceux qui paient beaucoup d’impôt aujourd’hui |
Pour aller plus loin sur les options de placement une fois à la retraite, voyez notre article sur les placements à privilégier à la retraite.
Sécuriser à l’approche du départ
Plus le départ approche, moins vous avez de temps pour rattraper une baisse des marchés. Beaucoup d’épargnants réduisent donc progressivement la part investie en actions au profit de supports plus stables.
Gardez aussi une réserve disponible, sur un livret par exemple. Elle servira pour les imprévus, et pour franchir le premier mois de retraite, la pension de base arrivant à terme échu.
Je ne suis pas conseillère financière, et chaque situation est différente. Mais pour ma part, je ne place jamais sur un support bloqué l’argent dont je pourrais avoir besoin dans les deux ou trois ans.
Mon conseil : ce mois-ci, récupérez votre estimation sur info-retraite.fr, posez à côté vos dépenses réelles des trois derniers mois, et calculez votre écart mensuel. Une heure de calcul, et vous saurez enfin combien épargner, au lieu de deviner.
Testez vos connaissances

1. Après 8 ans, quel est l’abattement annuel sur les gains d’assurance-vie pour une personne seule ?
4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple.
2. Quel est le plafond minimum de déduction des versements sur un PER en 2026 ?
Le plafond est de 10 % des revenus d’activité, au minimum 4 710 € et au maximum 37 680 € pour un salarié.
3. Existe-t-il une règle officielle fixant le pourcentage de revenus à épargner pour la retraite ?
Aucune règle officielle n’existe. Le bon effort d’épargne se calcule à partir de votre situation.
Questions fréquentes
Quel pourcentage de mes revenus dois-je épargner pour ma retraite ?
Il n’existe pas de chiffre officiel. Calculez l’écart entre votre pension estimée et vos dépenses prévues, puis déduisez-en l’effort mensuel à fournir.
Vaut-il mieux une assurance-vie ou un PER ?
L’assurance-vie laisse l’argent disponible et offre un avantage fiscal à la sortie après 8 ans. Le PER bloque l’épargne mais permet de déduire les versements de votre revenu imposable.
Où trouver une estimation fiable de ma future pension ?
Sur info-retraite.fr, le site officiel commun à tous les régimes, qui calcule une estimation à partir de votre carrière.





