Un tapis qui glisse, une baignoire trop haute, un couloir mal éclairé la nuit. Chez soi, les dangers sont rarement spectaculaires, et c’est justement pour ça qu’on ne les voit plus.
Un audit du domicile sert à les repérer avant qu’ils ne posent problème. Je suis Virginie, j’ai bientôt 60 ans et j’ai commencé à regarder ma propre maison avec ces yeux-là. Voici comment organiser cet audit, qui le fait et comment le financer.
Pourquoi faire un audit avant d’en avoir besoin
Adapter un logement quand on va bien est plus simple, moins cher et moins stressant que de le faire dans l’urgence, après une chute ou une hospitalisation. Vous choisissez les travaux, vous comparez les devis, vous étalez la dépense.
Et vous gardez la main.
Les chutes sont un risque majeur pour l’autonomie des personnes âgées. Notre article sur comment éviter les chutes à domicile détaille les gestes de prévention au quotidien, en plus des travaux.
Étape 1 : faire un premier tour vous-même
Avant d’appeler un professionnel, faites le tour de votre logement pièce par pièce, de préférence avec un proche. Posez-vous des questions simples.
| Pièce | Ce qu’il faut regarder |
|---|---|
| Entrée et couloirs | Marches, seuils, tapis, éclairage, interrupteurs faciles à trouver la nuit |
| Salle de bain | Baignoire à enjamber, sol glissant, absence de barre d’appui, WC trop bas |
| Escaliers | Main courante des deux côtés, nez de marche visibles, lumière en haut et en bas |
| Chambre | Hauteur du lit, chemin dégagé jusqu’aux toilettes, lampe accessible depuis le lit |
| Cuisine | Rangements trop hauts ou trop bas, plaques de cuisson, fils électriques au sol |
Notez tout ce qui vous fait hésiter, même un peu. Cette liste servira de base à l’échange avec le professionnel.
Étape 2 : faire appel à un professionnel
Pour un vrai diagnostic, deux interlocuteurs reviennent le plus souvent. L’ergothérapeute, qui évalue vos gestes et vos besoins réels, et le conseiller habitat, qui chiffre les travaux et monte le dossier d’aide.
Si vous visez MaPrimeAdapt’, l’aide de l’État, vous passerez par un assistant à maîtrise d’ouvrage, l’AMO, agréé ou habilité par l’Anah. C’est lui qui réalise le diagnostic du logement, parfois avec un ergothérapeute, puis vous aide à choisir les artisans et à boucler le plan de financement.
Votre caisse de retraite, votre mairie ou le centre communal d’action sociale peuvent aussi vous orienter vers des visites de prévention. Renseignez-vous auprès d’eux, les dispositifs varient d’un territoire à l’autre.
Les aménagements les plus courants

Les recommandations dépendent de chaque logement. Mais certaines reviennent très souvent.
- Remplacer la baignoire par une douche de plain-pied, avec un siège et des barres d’appui.
- Installer une main courante dans l’escalier, voire un monte-escalier.
- Poser des éclairages automatiques sur le trajet de la chambre aux toilettes.
- Supprimer les tapis ou les fixer, et poser des revêtements antidérapants.
- Motoriser les volets roulants pour éviter les efforts quotidiens.
Pour la pièce la plus délicate, notre article sur les aides pour adapter une salle de bain va plus loin.
Comment financer les travaux
L’aide principale s’appelle MaPrimeAdapt’, versée par l’Anah depuis le 1er janvier 2024. Elle s’adresse aux ménages aux revenus modestes ou très modestes.
- Les personnes de 70 ans et plus, sans condition de perte d’autonomie.
- Les personnes de 60 à 69 ans dont la perte d’autonomie est reconnue (GIR 1 à 6).
- Les personnes en situation de handicap, avec un taux d’incapacité d’au moins 50 % ou bénéficiaires de la PCH.
Elle couvre 50 % ou 70 % des travaux selon vos ressources, dans la limite de 22 000 € HT de travaux. Donc pour 10 000 € HT de travaux, un ménage très modeste peut recevoir jusqu’à 7 000 €.
Attention, ne lancez pas les travaux avant d’avoir reçu l’accord de subvention. Le dossier se dépose en ligne sur MonProjetAnah.gouv.fr ou auprès de la délégation locale de l’Anah.
D’autres financements peuvent compléter. L’APA, si vous êtes en GIR 1 à 4, des aides de votre caisse de retraite ou de votre département, et selon les années un avantage fiscal, présenté dans notre article sur les crédits d’impôt pour l’aménagement senior.
Après les travaux : refaire le point

Un logement adapté aujourd’hui ne le sera pas forcément dans dix ans. Refaites votre tour de la maison de temps en temps, et après chaque changement de santé.
Mon conseil : commencez par la salle de bain et l’éclairage nocturne, ce sont les deux points que je vais traiter en premier chez moi. Puis demandez un diagnostic professionnel avant de dépenser quoi que ce soit, parce qu’un regard extérieur voit ce que l’habitude nous cache.
Testez vos connaissances
1. À partir de quel âge peut-on demander MaPrimeAdapt’ sans condition de perte d’autonomie ?
À partir de 70 ans, aucune condition de GIR n’est exigée. Entre 60 et 69 ans, il faut un GIR compris entre 1 et 6.
2. Quel est le plafond de travaux retenu pour MaPrimeAdapt’ ?
Les travaux sont subventionnés à 50 % ou 70 % dans la limite de 22 000 € HT.
3. Peut-on commencer les travaux avant l’accord de subvention ?
Il est recommandé d’attendre la notification d’accord avant de lancer les travaux.
Questions fréquentes
Qui peut réaliser un audit du domicile ?
Un ergothérapeute, un conseiller habitat ou, pour MaPrimeAdapt’, un assistant à maîtrise d’ouvrage agréé ou habilité par l’Anah. Ce dernier peut s’appuyer sur un ergothérapeute.
Les locataires peuvent-ils bénéficier de MaPrimeAdapt’ ?
Oui, les locataires du parc privé peuvent en bénéficier, en informant leur propriétaire des travaux prévus. Les propriétaires occupants sont aussi concernés.
L’audit vaut-il le coup dans un appartement ?
Oui. Les risques existent aussi en appartement, surtout dans la salle de bain, et l’accès à l’immeuble compte autant que l’intérieur du logement.





