En France, les chutes des personnes âgées entraînent plus de 100 000 hospitalisations et plus de 10 000 décès chaque année.
La plupart arrivent à la maison, dans des gestes tout bêtes : se lever la nuit, sortir de la douche, attraper un objet trop haut. Et une bonne partie peut être évitée avec quelques changements simples.
Je suis Virginie, j’approche de la soixantaine et j’ai commencé à regarder mon propre logement avec un œil neuf. Voici, pièce par pièce, ce que les recommandations officielles conseillent de vérifier.
Dégager les passages, la base de tout
Le premier risque, c’est ce qui traîne au sol. Un tapis qui glisse, une rallonge électrique, une pile de magazines, des chaussures dans le couloir.
- retirez les petits tapis ou fixez-les avec un antidérapant
- regroupez les fils électriques le long des murs
- rangez les chaussures et les sacs hors des zones de passage
- déplacez les meubles bas qui gênent le chemin entre la chambre et les toilettes
Le chemin de la chambre aux toilettes mérite une attention particulière. C’est celui qu’on fait la nuit, à moitié endormi.
Éclairer, surtout la nuit
Beaucoup de chutes se produisent dans la pénombre. Un interrupteur trop loin du lit, et l’on traverse la pièce dans le noir.
Installez une lampe facile à allumer depuis le lit et des veilleuses ou des détecteurs de présence dans le couloir et les toilettes. Dans l’escalier, un éclairage en haut et en bas change tout.
Je trouve que c’est le changement le plus simple à faire. Une veilleuse se branche en deux secondes.
Sécuriser la salle de bain

Sol mouillé, gestes en équilibre, rebord de baignoire à enjamber : la salle de bain cumule les risques.
- Un tapis antidérapant dans la douche ou la baignoire, et un autre à la sortie.
- Des barres d’appui près de la douche et des toilettes, fixées dans un mur solide.
- Un siège de douche, pour se laver assis.
- À terme, une douche de plain-pied à la place de la baignoire.
Pour aller plus loin sur l’aménagement de cette pièce, notre guide pour adapter une salle de bain à un senior détaille les options. Et le choix du revêtement compte aussi, comme on l’explique dans notre article sur les sols les plus sûrs pour limiter les chutes.
Les escaliers et la cuisine
Dans l’escalier, une rampe des deux côtés est l’idéal. Des bandes antidérapantes sur le nez des marches aident à mieux voir où l’on pose le pied.
Dans la cuisine, rangez ce dont vous vous servez tous les jours entre la hauteur des hanches et celle des épaules. Donc plus besoin de monter sur une chaise ou de se baisser très bas.
Et si un objet reste en hauteur, utilisez un escabeau stable avec une main courante.
Jamais une chaise.
Prendre soin de son corps
Le logement ne fait pas tout. L’activité physique est considérée par le plan antichute du gouvernement comme le meilleur moyen de prévention.
Marcher régulièrement, travailler l’équilibre et entretenir la force des jambes aide à rester stable. Notre article sur les activités physiques à pratiquer à la retraite donne des idées adaptées.
Parlez aussi à votre médecin si vous avez des vertiges, si votre vue a baissé ou si vous prenez plusieurs médicaments. Certains traitements peuvent jouer sur l’équilibre, et seul lui peut ajuster une ordonnance.
Côté chaussures, préférez des modèles fermés, qui tiennent le pied, avec une semelle antidérapante. Les chaussons ouverts et les chaussettes sur le carrelage sont à éviter.
Et si vous tombez quand même

Le vrai danger, c’est de rester longtemps au sol sans pouvoir appeler. Si vous vivez seul, une téléassistance avec un bouton d’appel porté au poignet ou en pendentif peut vous rassurer, vous et vos proches.
Après une chute, même sans blessure apparente, consultez votre médecin. Il pourra rechercher une cause et vous orienter si besoin vers un kinésithérapeute ou un ergothérapeute.
Pour les travaux plus lourds, des aides existent selon vos ressources, comme MaPrimeAdapt’. Votre caisse de retraite et votre mairie peuvent aussi vous orienter.
Mon conseil : faites le tour de chez vous ce week-end, de nuit, lumières éteintes, en refaisant le trajet du lit aux toilettes. On repère alors des obstacles qu’on ne voit plus de jour. Notez tout, puis réglez une chose par semaine.
Testez vos connaissances
1. Quel trajet mérite le plus d’attention pour éviter les chutes la nuit ?
On le fait la nuit, souvent dans la pénombre : il doit être dégagé et éclairé.
2. Quel équipement réduit le risque de glissade dans la douche ?
Le tapis antidérapant et les barres d’appui sont les deux équipements de base.
3. Que considère le plan antichute comme le meilleur moyen de prévention ?
L’activité physique, notamment adaptée, aide à garder force et équilibre.
4. Que faire après une chute sans blessure apparente ?
Le médecin peut rechercher une cause et proposer une prise en charge adaptée.
Questions fréquentes
Existe-t-il des aides pour financer les travaux anti-chute ?
Oui. MaPrimeAdapt’ finance une partie des travaux pour les ménages modestes, et certaines caisses de retraite ou collectivités proposent aussi des aides. Un conseiller France Rénov peut vous orienter.
Un ergothérapeute peut-il venir chez moi ?
Oui. Il évalue votre logement et vos gestes, puis propose des aménagements et des aides techniques adaptés à votre situation.
La téléassistance est-elle utile si je suis en bonne santé ?
Si vous vivez seul, elle permet d’appeler à l’aide après une chute, même quand on ne peut pas atteindre un téléphone. C’est surtout une sécurité pour les longues périodes passées seul chez soi.





