Et si vous pouviez lever le pied à 60 ans, travailler trois jours par semaine et toucher déjà une partie de votre retraite ?
C’est le principe de la retraite progressive. Depuis le 1er septembre 2025, elle est ouverte dès 60 ans, quelle que soit votre année de naissance.
Je suis Virginie, celle qui écrit ce site. Je n’ai pas encore 60 ans, mais c’est précisément l’option que j’étudie pour ma fin de carrière, alors voici son fonctionnement, règles officielles à l’appui.
Le principe : un temps partiel et une part de retraite
Vous réduisez votre temps de travail, et votre caisse de retraite vous verse en même temps une fraction de votre pension. Votre salaire baisse, mais la retraite partielle compense une partie de la différence.
Et vous continuez à cotiser. Les trimestres et les points acquis pendant cette période comptent pour votre retraite définitive.
Les conditions pour un salarié
Il y en a trois, pas une de plus :
- avoir au moins 60 ans
- totaliser 150 trimestres, tous régimes de base confondus
- travailler entre 40 % et 80 % d’un temps complet
Si vous êtes au forfait jours, le temps réduit se calcule en jours ou en demi-journées. Le dispositif existe aussi pour les fonctionnaires et les travailleurs indépendants, avec des modalités propres à chaque régime.
Pour vérifier où vous en êtes de vos trimestres, la méthode la plus simple est décrite dans notre article pour savoir combien de trimestres vous avez cotisé.
Et votre employeur, peut-il refuser ?
Oui, mais pas n’importe comment. Vous lui adressez votre demande de temps partiel par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins 2 mois avant la date souhaitée.
Il a 2 mois pour répondre. Sans réponse écrite et motivée dans ce délai, votre demande est considérée comme acceptée.
Et un refus doit être justifié : la durée de travail demandée doit être incompatible avec l’activité de l’entreprise. Un simple « non » ne suffit pas.
Combien allez-vous toucher ?

La caisse calcule d’abord une retraite provisoire, comme si vous partiez aujourd’hui. Puis elle vous en verse une fraction égale à 100 % moins votre temps de travail.
| Temps de travail | Part de retraite versée |
|---|---|
| 80 % | 20 % |
| 60 % | 40 % |
| 50 % | 50 % |
| 40 % | 60 % |
La complémentaire Agirc-Arrco applique la même fraction que le régime de base.
Un exemple pour fixer les idées
Imaginons une salariée dont la retraite provisoire, base et complémentaire, serait de 1 600 € brut par mois. Elle passe à 60 % de temps de travail.
Sa caisse lui verse 40 % de cette retraite provisoire, soit 640 € brut par mois. Et si son salaire à temps plein était de 2 500 € brut, elle garde 60 % de ce salaire, donc 1 500 €.
Soit 2 140 € brut au lieu de 2 500 €.
Pour deux jours de liberté par semaine. Mais c’est un ordre de grandeur, pas une simulation : votre propre calcul dépend de votre carrière.
Ce que vous gagnez pour plus tard

Pendant la retraite progressive, vous cotisez sur votre salaire à temps partiel. Il est aussi possible de cotiser sur la base d’un temps plein, si votre employeur l’accepte, pour ne pas réduire vos futurs droits.
Quand vous arrêtez de travailler, votre retraite définitive est recalculée en tenant compte de cette période. Et elle ne peut pas être inférieure au montant provisoire calculé au départ.
Du coup, vous ne prenez aucun risque sur ce point. L’effet du temps partiel sur vos droits est détaillé dans notre article sur l’impact d’un temps partiel sur la retraite.
Ce qui peut arrêter la retraite progressive
- Vous reprenez un temps plein : elle s’arrête définitivement le 1er jour du mois suivant.
- Votre revenu à temps partiel atteint ou dépasse votre revenu antérieur : elle s’arrête définitivement.
- Votre temps de travail sort de la fourchette de 40 % à 80 % : elle est suspendue, puis reprend quand vous êtes à nouveau dans les clous.
Le passage à la retraite complète, lui, n’est pas automatique. Vous devez en faire la demande.
Comment faire la demande
- Obtenez l’accord de votre employeur sur le temps partiel, ou laissez passer le délai de 2 mois sans réponse motivée.
- Faites compléter l’attestation employeur prévue pour la retraite progressive.
- Déposez votre demande en ligne sur info-retraite.fr, au plus tôt 5 mois avant la date de début souhaitée.
Une seule demande en ligne suffit, elle est transmise à vos différents régimes. Le pas à pas complet est dans notre guide des démarches pour demander la retraite progressive.
Mon conseil : avant d’écrire à votre employeur, faites une simulation sur votre compte retraite et calculez votre revenu net à 50 %, 60 % et 80 %. C’est ce que je compte faire pour moi, parce qu’on choisit beaucoup mieux sa quotité avec trois chiffres sous les yeux.
Testez vos connaissances
1. À partir de quel âge un salarié peut-il demander la retraite progressive ?
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans.
2. Vous travaillez à 60 %. Quelle part de votre retraite touchez-vous ?
La fraction versée est égale à 100 % moins la quotité travaillée, soit 40 % ici.
3. Que se passe-t-il si l’employeur ne répond pas sous 2 mois ?
Sans réponse écrite et motivée dans les 2 mois, la demande de temps partiel est considérée comme acceptée.
Questions fréquentes
Faut-il avoir le taux plein pour demander la retraite progressive ?
Non. Il suffit d’avoir 60 ans et 150 trimestres. La retraite définitive sera calculée plus tard, avec les trimestres acquis entre-temps.
Mon employeur peut-il refuser mon temps partiel ?
Oui, mais par écrit, dans les 2 mois, et en justifiant que la durée demandée est incompatible avec l’activité de l’entreprise. Sans réponse motivée, la demande est acceptée.
La retraite progressive fait-elle baisser ma retraite définitive ?
Non. Votre retraite définitive est recalculée avec les droits acquis pendant le temps partiel et ne peut pas être inférieure au montant provisoire du départ.
Quand faut-il déposer la demande ?
Au plus tôt 5 mois avant la date de début souhaitée, en ligne sur info-retraite.fr, avec l’attestation remplie par votre employeur.





