Portugal, Espagne, Maroc, Thaïlande : chaque année, des listes « des meilleurs pays pour la retraite » circulent. Mais aucune ne connaît votre budget, votre santé ni vos petits-enfants.
Le meilleur pays, c’est celui qui coche vos critères, et surtout celui où votre pension, vos soins et vos impôts suivent sans mauvaise surprise.
Je suis Virginie, la conceptrice de ce site. À presque 60 ans, l’envie de passer mes hivers au soleil me tente aussi, alors j’ai cherché ce qui change vraiment, côté retraite, selon le pays choisi.
Les critères qui comptent vraiment
Le climat et le coût de la vie viennent en tête de toutes les envies. Ils comptent, bien sûr. Mais trois questions plus techniques décident si le projet tient sur vingt ans.
- La santé : serez-vous couvert sur place, et à quel prix ?
- Les impôts : où sera imposée votre pension, et à quel taux ?
- Les démarches : votre pension arrivera-t-elle sans accroc, chaque mois ?
Ajoutez-y la distance avec votre famille, la langue et la qualité des hôpitaux à moins d’une heure de chez vous. Ce sont souvent ces points qui font revenir les expatriés.
Union européenne ou hors Europe : la vraie ligne de partage

Dans un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou en Suisse, la santé est la partie la plus simple. Si vous n’avez pas de droits sur place, vous demandez le formulaire S1 à votre caisse de retraite de base, puis vous le remettez à l’assurance maladie de votre nouveau pays.
Vous êtes alors soigné sur place comme un assuré local. Et lors de vos séjours en France, vous restez pris en charge selon les règles françaises.
Hors Europe, tout dépend de l’existence d’une convention de sécurité sociale avec la France. Sans convention, il faut prévoir une assurance privée ou une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger, et intégrer son coût dans votre budget.
Pour comprendre ce que couvrent ces accords, voyez notre article sur les conventions bilatérales pour la retraite.
La fiscalité : se méfier des régimes « paradis »
Si votre domicile fiscal quitte la France, la CSG et la CRDS ne sont plus prélevées sur votre pension. Par contre, une cotisation maladie est retenue : 3,2 % sur la retraite de base et 4,2 % sur la complémentaire, au régime général.
Pour l’impôt sur le revenu, c’est la convention fiscale entre la France et votre pays d’accueil qui décide. En règle générale, les pensions du privé sont imposées dans le pays de résidence, et les pensions de la fonction publique restent souvent imposées en France.
Et ces avantages bougent.
Le Portugal en est l’exemple : son statut de résident non habituel, longtemps cité pour les retraités, est fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024. Un retraité qui s’y installe aujourd’hui relève du barème portugais classique.
Donc ne choisissez jamais un pays sur la seule promesse d’un avantage fiscal. Pour une vue d’ensemble, lisez notre article sur l’intérêt fiscal de vivre à l’étranger à la retraite.
Votre pension suivra-t-elle sans problème ?

Votre retraite française peut être versée sur un compte en France ou dans votre pays d’accueil. En échange, vous devrez renvoyer chaque année un certificat de vie, sans quoi le versement peut être suspendu.
Attention aussi aux allocations sous condition de résidence. L’Aspa, l’ancien minimum vieillesse, n’est plus versée en cas de départ à l’étranger.
Avant de vous décider, regardez la liste des pays où la retraite française est versée sans problème.
Comment tester une destination avant de vous engager
Le plus sûr reste d’y vivre quelques mois hors saison avant de vendre quoi que ce soit en France. Un hiver sur place en dit plus que dix classements.
Pendant ce séjour, vérifiez l’hôpital le plus proche, le prix d’une consultation, celui d’un loyer à l’année et le temps de trajet vers la France. Et parlez aux retraités déjà installés, ils connaissent les vrais pièges.
Mon conseil : avant de rêver d’un pays, écrivez sur une feuille trois chiffres pour chacune de vos destinations, à savoir le coût de la santé, l’impôt sur votre pension et le loyer. C’est l’exercice que je compte faire moi-même, et il élimine vite les fausses bonnes idées.
Testez vos connaissances
1. Vous partez vivre votre retraite en Espagne. Quel formulaire demander pour être soigné sur place ?
Le S1 se demande à votre caisse de retraite de base et se remet à l’assurance maladie du pays de résidence.
2. Le statut fiscal de résident non habituel au Portugal est-il encore ouvert aux nouveaux retraités ?
Le régime RNH est fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024.
3. Votre domicile fiscal n’est plus en France. Quelle cotisation reste prélevée sur votre retraite de base ?
La CSG et la CRDS disparaissent, mais une cotisation maladie de 3,2 % est retenue sur la retraite de base au régime général.
Questions fréquentes
Existe-t-il un classement officiel des meilleurs pays pour la retraite ?
Non, aucun organisme public français n’en publie. Les classements qui circulent reposent sur des critères choisis par leurs auteurs, à comparer avec vos propres priorités.
Puis-je revenir me faire soigner en France ?
Si vous vivez dans l’Union européenne avec un formulaire S1 délivré par la France, vous restez pris en charge lors de vos séjours en France. Hors Europe, cela dépend de votre situation et des conventions applicables.
Ma pension sera-t-elle imposée deux fois ?
Les conventions fiscales signées par la France sont là pour l’éviter. Elles fixent le pays qui impose chaque type de pension, et il faut le vérifier pour votre destination avant de partir.
Que devient mon minimum vieillesse si je pars ?
L’Aspa n’est plus versée en cas de départ à l’étranger. Votre retraite de base et vos complémentaires, elles, continuent d’être versées.





