À la retraite, on n’épargne plus pour dans trente ans. On épargne pour pouvoir payer une chaudière l’hiver prochain, aider un petit-enfant ou compléter sa pension pendant vingt ou vingt-cinq ans.
Et ça change la façon de choisir ses placements.
C’est Virginie qui écrit, conceptrice du site, bientôt 60 ans et en pleine préparation de ma propre retraite. Je ne suis pas conseillère en patrimoine, alors je vous donne ici les repères officiels et les questions que je me pose, pas une recommandation personnelle.
Les trois questions à se poser avant de placer
Aucun placement n’est bon pour tout le monde. Avant de comparer des produits, répondez à trois questions.
- De quoi aurez-vous besoin, et quand ? Une somme disponible tout de suite, un complément chaque mois, un capital à transmettre ?
- Quelle baisse supporteriez-vous ? Voir son épargne perdre 15 % une année n’a pas le même effet à 65 ans qu’à 40.
- Quelle est votre situation fiscale ? Un placement intéressant pour un foyer imposé l’est parfois beaucoup moins pour un foyer qui ne l’est pas.
Les réponses dessinent souvent trois poches : une épargne de précaution, une épargne pour compléter vos revenus, et éventuellement une épargne de long terme.
L’épargne de précaution : les livrets réglementés
C’est la base. Elle sert aux imprévus, et elle doit rester disponible à tout moment, sans risque de perte.
| Livret | Taux au 1er août 2026 | Pour qui |
|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % | Tout le monde |
| LDDS | 1,7 % | Tout le monde |
| LEP | 2,5 % | Revenus modestes, sous plafond de revenu fiscal |
Les intérêts de ces livrets sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Si vos revenus sont modestes, le LEP est le mieux rémunéré des trois, alors vérifiez si vous y avez droit auprès de votre banque.
Combien garder de côté ? Il n’existe pas de règle officielle. Pour ma part, je vise plusieurs mois de dépenses, de quoi couvrir une grosse réparation sans toucher au reste.
L’assurance-vie, le placement le plus souple

L’assurance-vie n’est pas bloquée. Vous pouvez retirer de l’argent quand vous voulez, en une fois ou par petits retraits réguliers.
Elle combine un fonds en euros, dont le capital est garanti par l’assureur, et des unités de compte, plus risquées, dont la valeur peut baisser. La part de chacun dépend de votre tolérance au risque.
Côté impôt, l’ancienneté compte. Après 8 ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple. Au-delà, ils sont taxés à 7,5 % tant que vos versements restent sous 150 000 €.
Donc un vieux contrat a de la valeur. Mieux vaut souvent le garder et y faire des retraits que le clôturer.
Le PER, utile surtout avant la retraite
Le plan d’épargne retraite permet de déduire vos versements de votre revenu imposable, dans certaines limites. C’est surtout intéressant pendant la vie active, quand le taux d’imposition est élevé.
Au moment de la retraite, vous pouvez en sortir en capital, en rente ou en combinant les deux. Les règles fiscales diffèrent selon le choix, et notre article sur la sortie en capital ou en rente les compare en détail.
Une fois retraité, l’intérêt d’un PER est souvent moindre, puisque l’avantage fiscal à l’entrée baisse avec vos revenus. Le détail est dans notre article sur la fiscalité des PER.
L’immobilier : du rendement, mais des contraintes
Un logement loué peut apporter un revenu régulier. Mais il demande de la gestion, il expose aux impayés et aux travaux, et il se revend difficilement en urgence.
Les SCPI, qui permettent d’investir dans l’immobilier sans gérer de bien, évitent la gestion. Par contre, ni le capital ni les revenus ne sont garantis, et les frais d’entrée sont souvent élevés.
À la retraite, la question est simple : êtes-vous prêt à immobiliser cette somme longtemps, et à gérer les imprévus d’un locataire ?
Adapter vos choix avec le temps

Vos besoins à 65 ans ne seront pas ceux de vos 85 ans. Avec l’âge, la part placée sans garantie diminue souvent, et l’épargne disponible devient plus importante.
Un point par an suffit. Regardez si vos placements correspondent toujours à vos besoins et ajustez si nécessaire.
Méfiez-vous des promesses de rendement élevé sans risque.
Ça n’existe pas.
Mon conseil : avant de signer quoi que ce soit, notez vos dépenses mensuelles et ce que vous voulez pouvoir sortir en urgence. Ensuite seulement, prenez rendez-vous avec votre banque ou un conseiller indépendant. C’est la méthode que je compte suivre, parce qu’on choisit mieux quand on sait à quoi servira l’argent.
Testez vos connaissances
1. Quel est le taux du Livret A depuis le 1er août 2026 ?
Le taux du Livret A est passé de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026.
2. Après 8 ans, quel abattement annuel s’applique aux gains d’assurance-vie pour une personne seule ?
L’abattement est de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple.
3. Le capital placé sur un fonds en euros est-il garanti ?
Le fonds en euros garantit le capital, contrairement aux unités de compte dont la valeur peut baisser.
Questions fréquentes
Peut-on encore ouvrir une assurance-vie après 70 ans ?
Oui, il n’y a pas de limite d’âge. Par contre, les sommes versées après 70 ans sont soumises à des règles de transmission moins avantageuses.
Le LEP est-il accessible aux retraités ?
Oui, si votre revenu fiscal de référence est sous le plafond fixé chaque année. Votre banque vérifie votre éligibilité avec votre avis d’imposition.
Faut-il placer toute son épargne à la retraite ?
Non. Gardez d’abord une épargne disponible pour les imprévus sur des livrets, puis placez seulement ce dont vous n’aurez pas besoin rapidement.





