Un tapis qui glisse, une marche mal éclairée, une baignoire trop haute. La plupart des dangers d’une maison se voient en un seul tour des pièces, à condition de savoir où regarder.
Et la bonne nouvelle, c’est que beaucoup se corrigent sans gros travaux.
Je suis Virginie, j’ai lancé ce site et j’approche de la soixantaine. Je me pose déjà la question pour la maison où je compte vieillir, alors j’ai rassemblé ici les gestes et les aides qui reviennent dans les recommandations officielles.
Commencer par un tour de la maison
Avant d’acheter quoi que ce soit, faites le parcours d’une journée ordinaire : se lever la nuit, aller aux toilettes, descendre l’escalier, sortir les poubelles. Notez chaque endroit où vous hésitez, vous vous tenez au mur ou vous allumez à tâtons.
Si la personne a déjà du mal à se déplacer, un ergothérapeute peut faire ce diagnostic avec elle et proposer des solutions adaptées à son corps et à son logement. Son rôle est détaillé dans notre article sur l’ergothérapeute et l’adaptation du domicile.
Les pièces de vie : dégager, fixer, éclairer
Le premier chantier ne coûte presque rien. Il consiste à dégager le passage.
- Retirez ou fixez les tapis avec un antidérapant, et rangez les câbles le long des murs.
- Dégagez les couloirs et les abords du lit, pour pouvoir circuler sans contourner un meuble.
- Placez les objets du quotidien entre la hauteur des hanches et celle des épaules, pour éviter l’escabeau.
- Installez des veilleuses ou des lampes à détection de mouvement entre la chambre et les toilettes.
L’éclairage est souvent le point oublié. Pourtant, c’est la nuit que l’on se lève à moitié réveillé, et c’est là qu’une lumière automatique change vraiment les choses.
La salle de bain, la pièce à traiter en priorité

Sol mouillé, gestes d’équilibre, rebord à enjamber : la salle de bain cumule les risques.
- Un revêtement ou un tapis antidérapant dans la douche et devant.
- Des barres d’appui solidement fixées près de la douche et des toilettes, et pas de porte-serviette utilisé comme appui.
- Un siège de douche ou une planche de bain si rester debout fatigue.
- À plus long terme, une douche de plain-pied à la place de la baignoire.
Ce remplacement de la baignoire par une douche fait justement partie des travaux qu’une aide publique peut financer. Mais il demande un vrai budget, donc je vous conseille de regarder les aides avant de demander des devis.
Escaliers et entrée : rampe, contraste et lumière

Pour l’escalier, les ergothérapeutes cités par le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr recommandent trois choses : une rampe, des nez de marche antidérapants et un meilleur éclairage.
Une rampe des deux côtés, c’est encore mieux. Et une bande de couleur contrastée sur le bord de chaque marche aide l’œil à repérer où poser le pied.
Si l’étage devient trop difficile, deux options existent. Installer un monte-escalier, ou réorganiser la vie au rez-de-chaussée avec une chambre et une salle d’eau en bas.
Et la peur compte aussi.
La crainte de tomber peut à elle seule pousser à moins sortir. Les autres gestes de prévention sont réunis dans notre article pour éviter les chutes à domicile.
Prévoir l’alerte en cas de problème
Même dans une maison bien aménagée, une chute reste possible. Le vrai danger, c’est de rester au sol des heures sans pouvoir prévenir.
La téléassistance répond à ce risque. Un bracelet ou un pendentif permet d’appeler une plateforme qui contacte un proche ou les secours, et certains modèles détectent automatiquement une chute.
Pensez aussi aux détecteurs de fumée, obligatoires dans tous les logements, et à laisser un double des clés à un voisin de confiance.
Les aides pour financer les travaux

Depuis 2024, l’aide nationale s’appelle MaPrimeAdapt’. Elle est gérée par l’Anah et s’adresse aux propriétaires occupants et aux locataires du parc privé.
Elle concerne les personnes de 70 ans ou plus, ou de 60 à 69 ans avec une perte d’autonomie évaluée par une grille GIR, sous conditions de ressources. Elle finance 50 % ou 70 % des travaux selon vos revenus, dans la limite de 22 000 € HT de travaux.
Votre caisse de retraite et votre département peuvent aussi aider, par exemple pour la téléassistance ou de petits aménagements. Le détail des conditions est dans notre article sur les aides de l’Anah pour adapter son logement.
Mon conseil : faites le tour de la maison la nuit, lumières éteintes, en partant de la chambre. Tout ce qui vous fait hésiter ce soir-là mérite d’être corrigé en premier. C’est l’exercice que je compte faire chez moi, avant même de penser aux gros travaux.
Testez vos connaissances

1. Que recommandent les ergothérapeutes pour sécuriser un escalier ?
Rampe, nez de marche antidérapants et éclairage renforcé sont les trois mesures conseillées.
2. À partir de quel âge peut-on demander MaPrimeAdapt’ sans perte d’autonomie évaluée ?
Dès 70 ans, sous conditions de ressources. Entre 60 et 69 ans, une perte d’autonomie évaluée par une grille GIR est exigée.
3. Quelle part des travaux MaPrimeAdapt’ peut-elle financer au maximum ?
70 % pour les ménages très modestes, 50 % pour les ménages modestes, dans la limite de 22 000 € HT de travaux.
Questions fréquentes
Par quelle pièce commencer pour sécuriser une maison ?
Par la salle de bain et le trajet entre la chambre et les toilettes. Ce sont les endroits où l’on circule souvent fatigué, parfois la nuit, avec un sol qui peut être mouillé.
Qui peut faire un diagnostic du logement ?
Un ergothérapeute évalue le logement en fonction des capacités de la personne. Si vous demandez MaPrimeAdapt’, un accompagnateur agréé par l’Anah suit aussi votre projet.
La téléassistance est-elle utile si la personne vit seule ?
Oui, c’est souvent la première chose à installer. Elle permet d’appeler à l’aide après une chute, et certains modèles détectent la chute automatiquement.





