Vous partez vivre au Portugal en 2026. Au printemps 2027, vous devrez encore remplir une déclaration de revenus française, et même deux types de formulaires.
Oui, l’administration fiscale doit savoir que vous partez. Et la façon de le lui dire est plus simple qu’on ne le croit.
Moi, c’est Virginie, créatrice du site. Je n’ai pas encore franchi le pas, mais comme beaucoup de futurs retraités j’y pense, alors j’ai suivi pas à pas la fiche officielle de Service-Public pour vous.
Pourquoi l’administration doit savoir que vous partez
Tout tourne autour d’une notion : votre résidence fiscale.
Si elle reste en France, vous êtes imposé en France sur tous vos revenus, d’où qu’ils viennent. Si elle passe à l’étranger, vous n’êtes plus imposé en France que sur vos revenus de source française.
C’est l’administration qui détermine votre résidence fiscale, selon votre situation réelle : votre foyer, votre activité, le centre de vos intérêts. Un simple changement d’adresse ne suffit donc pas, mais il reste la première étape pour que votre dossier suive.
Comment le signaler, année par année
L’année du départ
Au printemps, vous déclarez comme d’habitude les revenus de l’année précédente, quand vous viviez encore en France. Dans cette déclaration, vous indiquez votre nouvelle adresse à l’étranger et votre date de départ.
C’est cette démarche qui prévient l’administration. La déclaration en ligne est obligatoire si vous avez accès à internet, sinon la version papier part au service des impôts qui gérait votre dossier.
L’année suivante
C’est l’année la plus chargée. Vous déclarez en une fois :
- tous vos revenus, français et étrangers, du 1er janvier à votre date de départ,
- vos revenus de source française perçus entre le départ et le 31 décembre, sur la partie non-résident (formulaire 2042-NR en papier),
- vos éventuels revenus étrangers sur le formulaire 2047.
Les années d’après
Vous ne déclarez plus en France que vos revenus de source française. Votre dossier est alors géré par le service des impôts des particuliers non-résidents.
Et votre pension de retraite ?

Une pension versée par une caisse française est un revenu de source française. Elle peut donc rester imposable en France, même si vous vivez ailleurs.
Mais c’est la convention fiscale entre la France et votre pays d’accueil qui tranche, pays par pays. Selon la convention et le type de pension, l’impôt peut revenir à la France, à votre nouveau pays, ou se partager. Nous faisons le tour des pays dans notre article sur les pays qui exonèrent les pensions françaises.
Pour les revenus qui restent imposables en France, un taux minimum de 20 % s’applique jusqu’à 29 579 €, puis 30 % au-delà. L’administration compare avec le barème normal et retient le montant le plus élevé.
Sauf que vous pouvez demander le taux moyen, calculé sur vos revenus mondiaux. Il ne s’applique que s’il vous est plus favorable, et la demande se fait sur la déclaration.
Autre différence à connaître : en tant que non-résident, vos charges ne sont plus déductibles, et la plupart des réductions et crédits d’impôt disparaissent. Ça vaut pour le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile, par exemple.
Ce que vous risquez si vous ne dites rien

Si l’administration n’est pas au courant, elle continue à vous traiter comme résident. Vous risquez d’être imposé en France sur l’ensemble de vos revenus, et de payer aussi l’impôt dans votre nouveau pays.
Double peine.
La régularisation est possible ensuite, mais elle prend du temps et demande des justificatifs. Gardez donc les preuves de votre installation : bail ou acte d’achat, factures à votre nom, inscription consulaire ou sécurité sociale locale.
Pensez aussi à prévenir votre caisse de retraite de votre nouvelle adresse et de votre pays de résidence. La marche à suivre est dans notre article sur le changement d’adresse de paiement de la retraite en cas d’expatriation. Et pour une vue d’ensemble, lisez les risques fiscaux d’une retraite à l’étranger.
Mon conseil : avant de partir, appelez le service des non-résidents au +33 1 72 95 20 42, convention fiscale de votre pays sous les yeux. Je compte bien le faire pour moi, parce qu’une demi-heure d’échange vaut mieux qu’une année de régularisation.
Testez vos connaissances
1. Où indiquer votre départ à l’étranger ?
La nouvelle adresse et la date de départ s’indiquent dans la déclaration de revenus.
2. Quel formulaire sert à déclarer les revenus étrangers ?
Les revenus de source étrangère se déclarent sur le formulaire 2047.
3. Quel taux minimum s’applique aux revenus français d’un non-résident, jusqu’à 29 579 € ?
20 % jusqu’à 29 579 €, puis 30 % au-delà, sauf demande du taux moyen s’il est plus favorable.
Questions fréquentes
Faut-il envoyer un courrier aux impôts avant de partir ?
Ce n’est pas obligatoire. Le départ se signale dans votre déclaration de revenus, en indiquant votre nouvelle adresse à l’étranger et votre date de départ.
Ma pension française reste-t-elle imposable en France ?
Elle est de source française, donc elle peut l’être. C’est la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence qui décide où elle est imposée.
Puis-je garder mes crédits d’impôt en tant que non-résident ?
En principe non. Les réductions et crédits d’impôt sont réservés aux personnes fiscalement domiciliées en France, et vos charges ne sont plus déductibles.
Qui contacter pour une question précise ?
Le service des impôts des particuliers non-résidents, au +33 1 72 95 20 42, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h.





