Votre première pension arrive, et elle est plus basse que votre dernier salaire. C’est le cas de presque tout le monde.
La vraie question, c’est ce que vous pouvez faire pour combler une partie de l’écart, sans prendre de risques idiots.
Je m’appelle Virginie, je tiens ce site et, à presque 60 ans, je fais en ce moment mes propres comptes de future retraitée. Voici les pistes que j’ai vérifiées une par une, avec les règles officielles en vigueur en 2026.
D’abord, ne rien laisser sur la table côté pension
Avant de chercher des revenus en plus, vérifiez que vous touchez tout ce à quoi vous avez droit. C’est la piste la moins spectaculaire, et souvent la plus rentable.
- Vérifiez votre relevé de carrière. Un trimestre oublié, un employeur manquant, une période de chômage non reportée, et c’est votre pension qui baisse pour toujours.
- Calez votre date de départ. Chaque trimestre manquant coûte 0,625 point de taux sur la pension de base. À l’inverse, chaque trimestre travaillé au-delà du taux plein, après l’âge légal, rapporte 1,25 % de surcote. Tout est expliqué dans notre article sur la décote et la surcote.
- Regardez le rachat de trimestres. Il peut effacer une décote, mais il coûte cher. Faites la simulation avant de signer.
C’est par là que j’ai commencé moi-même. Pas très glamour, mais c’est de l’argent versé à vie.
Continuer à travailler : le cumul emploi-retraite
Vous pouvez toucher votre retraite et reprendre une activité, salariée ou indépendante. Deux régimes existent aujourd’hui.
Le cumul intégral
Vous cumulez sans aucune limite de revenus si vous remplissez trois conditions : avoir atteint l’âge légal, avoir le taux plein (par vos trimestres ou par l’âge), et avoir liquidé toutes vos retraites personnelles, de base et complémentaires. Si vous étiez salarié, il faut aussi avoir quitté votre employeur.
Et depuis 2023, cette nouvelle activité ouvre des droits à une seconde pension, calculée à part et plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Votre première pension, elle, ne bouge pas.
Le cumul plafonné
Si vous n’avez pas le taux plein, le cumul reste possible, mais avec un plafond. Pension et salaire réunis ne doivent pas dépasser 1,6 fois le Smic mensuel ou la moyenne de vos trois derniers mois de salaire, le montant le plus favorable étant retenu.
Au-delà, la pension est réduite du dépassement.
Un point à connaître si vous voulez retourner chez votre ancien employeur : vous devez attendre six mois après votre départ.
Ce qui change en 2027
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit de supprimer, au 1er janvier 2027, la distinction entre cumul intégral et plafonné. Seul l’âge comptera.
- Avant l’âge légal, le revenu d’activité sera entièrement déduit de la pension.
- Entre l’âge légal et l’âge du taux plein automatique, le cumul sera libre jusqu’à 7 000 € brut par an. Au-delà, la pension baissera de 50 % du dépassement.
- À partir de l’âge du taux plein automatique, le cumul sera intégral, sans plafond.
Le décret d’application n’était pas encore publié à l’heure où j’écris ces lignes. Donc si votre projet de reprise démarre en 2027, revérifiez les règles avant de vous engager. Notre article sur le cumul emploi et retraite détaille les cas particuliers.
Faire travailler votre épargne

Si vous avez mis de l’argent de côté, la question devient : comment en tirer un revenu régulier sans le grignoter trop vite ?
Trois grandes familles reviennent sans cesse.
| Solution | Ce qu’elle apporte | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Plan d’épargne retraite (PER) | Sortie en rente, en capital ou les deux | Le capital et la rente sont imposés selon des règles qui dépendent de vos versements |
| Assurance vie | Retraits libres, fiscalité plus douce après 8 ans | Les supports en unités de compte ne sont pas garantis |
| Immobilier locatif | Des loyers réguliers | Travaux, vacance, gestion et impôts sur les loyers |
Pour le PER, la fiscalité à la sortie mérite un vrai calcul. Les gains sont soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %, et le prélèvement forfaitaire global atteint 31,4 % quand il s’applique.
Je vous déconseille une chose : tout miser sur un seul placement « qui rapporte ». À la retraite, vous n’avez plus le temps de vous refaire après une mauvaise surprise.
Méfiez-vous aussi des promesses de rendement élevé sans risque. Ça n’existe pas, et les arnaques ciblent souvent les jeunes retraités qui viennent de toucher un capital.
Payer moins d’impôts, légalement
Augmenter son revenu net, c’est aussi réduire ce qui part en impôts.
Votre pension bénéficie d’un abattement de 10 % pour le calcul de l’impôt. Pour les revenus de 2025, il est d’au moins 454 € par personne et plafonné à 4 439 € par foyer.
Et d’autres avantages existent : crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, réduction d’impôt pour les frais d’hébergement en Ehpad d’un proche, abattement spécifique pour les contribuables âgés aux revenus modestes. Retrouvez-les dans notre article sur les abattements fiscaux des retraités.
Les aides si vos revenus sont faibles
Si votre pension est modeste, ne passez pas à côté des aides. Beaucoup de retraités qui y ont droit ne les demandent jamais.
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) complète vos revenus jusqu’à 1 043,59 € par mois pour une personne seule en 2026, ou 1 620,18 € pour un couple. Elle est accessible en principe à partir de 65 ans, sous conditions de ressources.
Attention, l’Aspa peut être récupérée sur votre succession si l’actif net dépasse 108 586,14 € en métropole. C’est un point à connaître avant de la demander, pas une raison de s’en priver.
Pensez aussi aux aides au logement de la CAF et à la complémentaire santé solidaire, qui allège nettement le budget santé.
Par où commencer ?
Mon conseil, dans cet ordre précis : téléchargez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr et corrigez les erreurs, puis faites deux simulations de date de départ à un an d’écart. Une fois ce socle sûr, vous saurez combien il vous manque vraiment par mois, et vous choisirez entre reprise d’activité, épargne ou aides en connaissance de cause.
Pas avant.
Testez vos connaissances

1. Que rapporte chaque trimestre de surcote sur la pension de base ?
Chaque trimestre travaillé après l’âge légal et au-delà du taux plein augmente la pension de base de 1,25 %.
2. Combien de temps attendre avant de retravailler chez son ancien employeur en cumul emploi-retraite ?
Un salarié doit attendre six mois après la rupture de son contrat avant de reprendre chez le même employeur.
3. Quel est le montant maximal de l’Aspa pour une personne seule en 2026 ?
L’Aspa complète les ressources jusqu’à 1 043,59 € brut par mois pour une personne seule depuis le 1er janvier 2026.
Questions fréquentes
Le cumul emploi-retraite fait-il augmenter ma pension ?
Votre première pension ne change pas. En cumul intégral, une activité exercée depuis 2023 ouvre droit à une seconde pension, plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale.
Faut-il choisir la rente ou le capital pour son PER ?
Cela dépend de vos besoins et de votre fiscalité. La rente sécurise un revenu à vie, le capital laisse plus de liberté, et une sortie mixte est souvent possible.
L’Aspa est-elle remboursable ?
Elle peut être récupérée sur la succession, uniquement si l’actif net dépasse 108 586,14 € en métropole. Vos héritiers ne remboursent jamais plus que ce qui a été versé.
Les règles du cumul emploi-retraite vont-elles changer ?
Oui, une réforme est prévue au 1er janvier 2027, avec un cumul libre jusqu’à 7 000 € brut par an entre l’âge légal et l’âge du taux plein automatique. Le décret d’application doit encore préciser les modalités.





