Jusqu’à 1 215,99 € par mois pour une personne classée en GIR 3 : c’est le plafond 2026 de l’APA à domicile.
Ce montant ne vous est pas versé tel quel, il finance un plan d’aide sur mesure. Et pour les soins eux-mêmes, d’autres dispositifs existent, sur prescription médicale.
Je suis Virginie, j’ai bientôt 60 ans, et je me renseigne autant pour ma propre retraite que pour savoir quoi répondre quand un proche en aura besoin. Voici comment s’y retrouver, entre soins et aide au quotidien.
Soins à domicile ou aide à domicile : deux choses différentes
On les confond souvent. Pourtant, ils ne passent ni par les mêmes services ni par les mêmes financeurs.
- Les soins : pansements, injections, surveillance d’un traitement, toilette médicalisée. Ils se font sur prescription médicale.
- L’aide : ménage, courses, repas, aide au lever ou à l’habillage. C’est elle que finance surtout l’APA.
Bref, commencez par identifier ce dont vous avez besoin. La suite en découle.
Les soins : quels services peuvent venir chez vous ?

Plusieurs solutions existent, selon la lourdeur des soins.
L’infirmier libéral
C’est la solution la plus courante pour des soins ponctuels ou réguliers. Il se déplace chez vous sur prescription de votre médecin. Les centres de santé infirmiers fonctionnent sur le même principe.
Le SSIAD
Les services de soins infirmiers à domicile s’adressent aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Ils interviennent eux aussi sur prescription médicale.
Depuis 2023, ces services sont peu à peu regroupés avec les services d’aide au sein des services autonomie à domicile (SAD). Le but est d’avoir un seul interlocuteur pour les soins et l’aide.
L’hospitalisation à domicile
L’HAD prend le relais quand les soins sont trop techniques ou trop lourds pour un infirmier libéral. Les soins sont alors organisés en continu, 24 heures sur 24, chez vous.
C’est le médecin, de ville ou de l’hôpital, qui décide si l’HAD est adaptée. Parlez-en avec lui avant une sortie d’hospitalisation.
L’aide au quotidien : l’APA à domicile
L’allocation personnalisée d’autonomie s’adresse aux personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie. Elle est gérée par le conseil départemental.
Votre degré d’autonomie est mesuré avec la grille AGGIR, de GIR 1, le plus dépendant, à GIR 6. Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA.
| Niveau de perte d’autonomie | Montant maximum du plan d’aide par mois en 2026 |
|---|---|
| GIR 1 | 2 080,33 € |
| GIR 2 | 1 682,30 € |
| GIR 3 | 1 215,99 € |
| GIR 4 | 811,52 € |
Il n’y a pas de condition de ressources pour l’obtenir. Mais vos revenus déterminent la part qui reste à votre charge.
- Moins de 933,89 € de ressources par mois : vous ne payez rien.
- Entre 933,89 € et 3 439,31 € : votre participation augmente progressivement, jusqu’à 90 % du plan d’aide.
- Au-delà de 3 439,31 € : vous payez 90 % du plan.
Ces seuils concernent une personne seule. Pour un couple, le calcul est différent.
Notre article détaillé sur l’APA et ses conditions reprend tous les cas.
Comment faire la demande d’APA, étape par étape
- Déposez la demande auprès de votre conseil départemental, en ligne ou avec le formulaire cerfa n° 16301 selon votre département.
- Le département accuse réception de votre dossier dans les 10 jours.
- Une équipe médico-sociale vient chez vous pour évaluer votre autonomie et vos besoins.
- Elle vous propose un plan d’aide. Vous avez 10 jours pour l’accepter ou demander des modifications.
- Le département rend sa décision dans les 2 mois suivant la réception du dossier complet.
En cas d’urgence, une APA provisoire peut être versée en attendant la décision. Demandez-la dès le dépôt si la situation le justifie.
Et si vous êtes en GIR 5 ou 6 ?

L’APA ne vous concerne pas.
Mais votre caisse de retraite peut proposer des aides au maintien à domicile pour les retraités encore assez autonomes, sous conditions.
Leur contenu varie selon les caisses. Contactez la vôtre pour connaître ses offres, ou consultez notre article sur les aides à domicile pour les retraités.
Pour un panorama plus large, voyez notre article sur les dispositifs pour rester chez soi le plus longtemps possible.
Ce que je retiens, en préparant ma propre retraite, c’est qu’il vaut mieux connaître ces portes d’entrée avant d’en avoir besoin. Le jour où ça arrive, on a rarement le temps de chercher.
Mon conseil : si vous ou un proche commencez à avoir du mal avec les gestes du quotidien, parlez-en d’abord au médecin traitant. Il peut prescrire les soins, et vous orienter vers le département pour l’APA dans la foulée.
Testez vos connaissances
1. Quels niveaux de perte d’autonomie ouvrent droit à l’APA ?
Seuls les GIR 1 à 4 donnent droit à l’APA. Les GIR 5 et 6 peuvent se tourner vers leur caisse de retraite.
2. De quoi a-t-on besoin pour bénéficier d’un SSIAD ?
Les soins infirmiers à domicile sont délivrés sur prescription médicale.
3. Dans quel délai le département doit-il statuer sur une demande d’APA complète ?
La décision intervient dans les 2 mois suivant la réception du dossier complet.
Questions fréquentes
L’APA dépend-elle des revenus ?
Pas pour y avoir droit. Les revenus servent seulement à calculer votre participation, nulle en dessous de 933,89 € par mois pour une personne seule.
Qui prescrit les soins infirmiers à domicile ?
Votre médecin, traitant ou hospitalier. Sans prescription, ni l’infirmier libéral ni le SSIAD ne peuvent intervenir au titre des soins.
Peut-on avoir une aide à domicile sans être éligible à l’APA ?
Oui. Si vous êtes en GIR 5 ou 6, votre caisse de retraite peut financer des aides au maintien à domicile, sous conditions.
Que faire si l’APA est refusée ?
Vous devez d’abord former un recours administratif auprès du département dans les 2 mois. Si ce recours échoue, vous pouvez saisir le tribunal administratif.





