Cinq ans en Allemagne, trois au Canada, le reste en France : à la retraite, vous toucherez plusieurs pensions. Chaque pays paie sa part.
La vraie question, c’est de savoir si vos années à l’étranger s’additionnent à vos années françaises. Et la réponse dépend surtout du pays.
Je m’appelle Virginie, je prépare ma retraite à quelques années des 60 ans et ce site est né de toutes les questions que je me posais. Voici comment fonctionnent les carrières internationales, pays par pays, sans jargon.
Le principe : chaque pays verse sa propre pension
Il n’existe pas de caisse mondiale qui transformerait toute votre carrière en une seule retraite. Chaque pays où vous avez cotisé calcule et verse la pension qui correspond aux années passées chez lui.
Ce qui change d’un pays à l’autre, c’est le niveau de coordination avec la France. Il y a trois situations très différentes.
| Pays où vous avez travaillé | Ce qui s’applique |
|---|---|
| Union européenne, Espace économique européen, Suisse | Règlements européens : toutes les périodes sont prises en compte |
| Pays liés à la France par une convention bilatérale | Règles fixées par la convention, souvent avec totalisation des périodes |
| Pays sans accord avec la France | Aucune coordination, chaque régime applique ses règles |
Si vous avez travaillé en Europe

Dans l’Union européenne, l’EEE et la Suisse, les règlements européens obligent chaque pays à tenir compte de toutes vos périodes d’assurance, où qu’elles aient été accomplies. C’est ce qu’on appelle la totalisation.
Concrètement, la caisse française fait deux calculs. Un calcul national, avec vos seules années françaises, et un calcul proratisé, comme si toute votre carrière européenne avait eu lieu en France, puis réduit au prorata de vos années françaises.
Elle vous verse le montant le plus favorable des deux. Et chaque autre pays fait de même de son côté.
Jamais le moins bon.
Bonne nouvelle côté démarches : vous déposez une seule demande, auprès de la caisse de votre pays de résidence. Elle transmet ensuite le dossier aux autres pays concernés.
Si vous avez travaillé dans un pays lié par une convention
Hors d’Europe, la France a signé plusieurs dizaines de conventions bilatérales de sécurité sociale. Elles concernent surtout le Maghreb, l’Afrique francophone, les Amériques et certains pays d’Asie.
Ces accords permettent en général d’additionner les périodes des deux pays et de verser la pension à l’étranger. Mais chaque convention a ses propres règles, alors il faut lire celle qui vous concerne.
Le Cleiss, le centre de liaison européen et international de sécurité sociale, publie le texte de chaque convention. Notre article sur les conventions bilatérales pour la retraite explique comment les lire.
Si le pays n’a aucun accord avec la France

C’est le cas le plus délicat. Il n’y a pas de totalisation : la France ne compte que vos années françaises, et le pays étranger ne compte que les siennes, selon ses propres conditions.
Donc certaines années peuvent ne rien rapporter du tout, si vous n’avez pas cotisé assez longtemps là-bas pour ouvrir un droit.
Pour éviter ce trou, les expatriés peuvent cotiser volontairement à la retraite française pendant leur séjour, via la Caisse des Français de l’étranger. Nous détaillons le fonctionnement de la CFE dans un article dédié.
Le cas du salarié détaché
Si votre employeur français vous a envoyé à l’étranger en détachement, vous restez affilié au régime français. Vos années comptent alors normalement en France, comme si vous n’étiez jamais parti.
Comment préparer votre demande

Plus votre carrière est dispersée, plus il faut s’y prendre tôt. Les échanges entre caisses de pays différents prennent du temps.
- Listez chaque pays, avec les dates, les employeurs et votre numéro d’assuré local.
- Gardez vos contrats, vos bulletins de salaire et tout relevé envoyé par une caisse étrangère.
- Vérifiez sur votre relevé de carrière français si des périodes étrangères y figurent déjà.
- Renseignez-vous sur l’âge de départ de chaque pays, qui peut différer de l’âge français.
Et pensez à la suite. Une fois à la retraite, certains pays demandent chaque année un certificat de vie pour continuer à payer.
Je trouve que c’est le genre de dossier où l’on gagne à commencer deux ou trois ans avant le départ. À votre place, c’est ce que je ferais.
Mon conseil : contactez dès maintenant la caisse de chaque pays étranger pour obtenir un relevé de vos droits, et rangez tout dans un seul dossier. Notre guide sur les démarches des Français ayant travaillé à l’étranger vous aide à faire la liste.
Testez vos connaissances
1. Vous avez travaillé en France et en Italie. Combien de pensions toucherez-vous ?
Chaque pays verse la pension correspondant aux périodes accomplies chez lui.
2. Dans l’Union européenne, où déposez-vous votre demande ?
Une seule demande suffit, la caisse de votre pays de résidence transmet aux autres.
3. Que se passe-t-il pour un pays sans accord avec la France ?
Sans accord, chaque pays ne compte que ses propres périodes, selon ses règles.
Questions fréquentes
Mes années à l’étranger comptent-elles pour mon taux plein en France ?
Dans l’Union européenne, l’EEE, la Suisse et les pays liés par une convention, elles sont en général prises en compte pour la durée d’assurance. Sans accord, elles ne comptent pas en France.
Puis-je partir à la retraite en même temps dans tous les pays ?
Pas forcément. Chaque pays applique son propre âge de départ, donc vos pensions peuvent démarrer à des dates différentes.
Le détachement à l’étranger compte-t-il pour la retraite française ?
Oui. Pendant un détachement, vous restez affilié au régime français et vos années y sont validées normalement.
Comment cotiser à la retraite française en vivant hors d’Europe ?
Vous pouvez adhérer volontairement à l’assurance vieillesse française via la Caisse des Français de l’étranger. C’est surtout utile dans un pays sans convention avec la France.





