Vous êtes en arrêt maladie depuis plusieurs mois, votre âge de départ approche, et vous vous demandez si vous devez attendre d’être guéri pour partir à la retraite.
La réponse courte : non, l’arrêt maladie ne vous bloque pas. Mais il change plusieurs choses, sur vos indemnités, vos trimestres et parfois le montant de votre pension.
Moi, c’est Virginie. J’ai lancé ce site à quelques années de ma propre retraite et je vérifie chaque règle à la source avant de l’écrire. Voici ce qu’il faut savoir avant de déposer votre demande.
Peut-on demander sa retraite en étant en arrêt maladie ?
Oui. Rien n’interdit de demander votre retraite pendant un arrêt de travail, à condition de remplir les conditions d’âge et de durée d’assurance comme n’importe quel futur retraité.
Si vous êtes salarié, il faut aussi mettre fin à votre contrat de travail. Vous prévenez votre employeur de votre départ volontaire à la retraite, en respectant le préavis prévu. Nous détaillons ce point dans notre article pour savoir s’il faut informer son employeur de son départ à la retraite.
Côté démarches, rien de spécial. La demande se fait en ligne sur info-retraite.fr, idéalement plusieurs mois avant la date choisie.
Les indemnités journalières s’arrêtent au jour de la retraite

C’est le point le plus important. Dès la date d’effet de votre pension, l’Assurance Maladie cesse de vous verser des indemnités journalières, parce que vous n’êtes plus salarié.
Donc vous passez de vos indemnités à votre pension, sans période de cumul.
Selon votre situation, l’une peut être plus élevée que l’autre. Je vous conseille de comparer les deux montants avant de fixer votre date. Et de vérifier que la première pension arrive bien à temps pour ne pas vous retrouver avec un mois sans revenu.
Vos trimestres pendant l’arrêt maladie
Bonne nouvelle : un arrêt maladie indemnisé n’est pas un trou dans votre carrière.
L’Assurance retraite reporte un trimestre tous les 60 jours d’indemnisation, dans la limite de 4 trimestres par année civile. La même règle s’applique aux arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle. Ces trimestres sont ajoutés automatiquement à votre relevé de carrière.
Sauf que ces trimestres arrivent sans salaire.
Et ce détail pèse.
Ils comptent dans votre durée d’assurance, donc pour atteindre le taux plein. Mais les périodes indemnisées ne sont pas prises en compte dans le calcul de votre salaire annuel moyen. Des arrêts longs ou répétés en fin de carrière peuvent donc peser sur le montant de votre pension, si les années concernées font partie de vos 25 meilleures.
Côté complémentaire Agirc-Arrco, des points peuvent être attribués sans cotisation pour certains arrêts, sous conditions de durée.
Et si votre état de santé ne vous permet plus de travailler ?
Si vous ne pouvez plus travailler, demandez à faire reconnaître votre inaptitude au travail par votre caisse de retraite. Cette reconnaissance donne droit au taux plein dès l’âge légal de départ, quel que soit votre nombre de trimestres.
Attention, l’âge de départ reste l’âge légal. Seule la décote disparaît.
Si vous touchez une pension d’invalidité, elle est en principe remplacée par une retraite au titre de l’inaptitude lorsque vous atteignez l’âge légal. Renseignez-vous auprès de votre caisse pour savoir si vous êtes concerné et si un maintien est possible dans votre cas.
Nous avons expliqué en détail l’impact des périodes d’invalidité sur la retraite. Pour la question de l’inaptitude elle-même, l’avis de votre médecin traitant et de votre caisse est indispensable.
Ce que je vérifierais avant de choisir sa date

- Vos trimestres d’arrêt maladie figurent-ils bien sur votre relevé de carrière ?
- Avez-vous atteint la durée d’assurance requise pour votre génération, ou l’âge du taux plein automatique, 67 ans ?
- Combien touchez-vous en indemnités, et combien toucherez-vous de pension ?
- Avez-vous prévenu votre employeur dans les délais de préavis ?
- Une reconnaissance d’inaptitude serait-elle possible dans votre situation ?
Si des trimestres manquent, demandez une régularisation avec vos attestations d’indemnités journalières, disponibles dans votre compte ameli.
Mon conseil : avant de fixer votre date, téléchargez sur ameli vos attestations d’indemnités des dernières années et comparez-les à votre relevé de carrière. Puis prenez rendez-vous avec votre caisse de retraite pour parler de l’inaptitude si votre santé est en jeu. C’est le genre de vérification que je préfère faire deux fois plutôt qu’une.
Testez vos connaissances

1. Combien de jours d’arrêt maladie indemnisé valident un trimestre ?
Un trimestre est reporté tous les 60 jours d’indemnisation, dans la limite de 4 par an.
2. Que deviennent les indemnités journalières à la date de la retraite ?
Elles cessent à la date d’effet de la pension, car vous n’êtes plus salarié.
3. Que permet la reconnaissance d’inaptitude au travail ?
L’inaptitude reconnue efface la décote dès l’âge légal, même sans tous les trimestres.
Questions fréquentes
Faut-il attendre la fin de son arrêt maladie pour partir à la retraite ?
Non. Vous pouvez demander votre retraite pendant votre arrêt, si vous remplissez les conditions. Les indemnités journalières s’arrêtent alors à la date d’effet de votre pension.
Mes trimestres d’arrêt maladie n’apparaissent pas, que faire ?
Demandez une régularisation à votre caisse de retraite, depuis votre espace personnel. Joignez vos attestations d’indemnités journalières, téléchargeables sur votre compte ameli.
Peut-on cumuler emploi et retraite après un long arrêt maladie ?
Oui, une fois toutes vos retraites liquidées, le cumul emploi-retraite reste possible. Les règles dépendent notamment du fait d’avoir ou non le taux plein, vérifiez-les auprès de votre caisse.





