Pas de visa, pas de titre de séjour à demander avant de partir : pour un retraité français, s’installer en Espagne ou au Portugal ressemble presque à un déménagement en France. Presque, parce que quatre démarches vous attendent quand même.
Je suis Virginie, et l’Espagne comme le Portugal font partie des destinations auxquelles je pense pour une partie de ma propre retraite. J’ai donc rassemblé ce qui est vraiment spécifique à ces deux pays, et ce qui relève des règles européennes communes.
Le droit de séjour : la règle européenne s’applique
L’Espagne et le Portugal font partie de l’Union européenne. Pour un retraité français, c’est la liberté de circulation qui joue.
Pendant les trois premiers mois, une carte d’identité ou un passeport valide suffit. Au-delà, vous devez vous enregistrer auprès des autorités locales et justifier de deux choses : une assurance maladie complète et des ressources suffisantes, et votre pension compte comme ressource.
Après cinq ans de séjour légal sans interruption, vous obtenez un droit de séjour permanent.
Les visas pour télétravailleurs ou les visas de long séjour, dont on parle beaucoup en ligne, concernent les ressortissants de pays extérieurs à l’Union.
Pas vous.
En Espagne : l’enregistrement et le numéro d’étranger
Au-delà de trois mois, vous demandez un certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union auprès des services des étrangers ou de la police. Il comporte votre numéro d’identification d’étranger, le NIE, que l’on vous demandera ensuite pour presque tout : bail, banque, achat immobilier, impôts.
Pensez aussi à vous inscrire sur le registre municipal de votre commune. Les pièces exigées et les délais de rendez-vous varient selon les provinces, alors renseignez-vous auprès du consulat de France le plus proche de votre future adresse.
Au Portugal : certificat de résidence et numéro fiscal
Le principe est le même. Vous demandez un certificat d’enregistrement de citoyen européen, en général auprès de la mairie de votre commune.
Le numéro fiscal portugais, le NIF, est la première chose à obtenir. Sans lui, impossible de louer un logement, d’ouvrir un compte ou de souscrire un abonnement.
Un point a changé ces dernières années. Le statut de résident non habituel, qui a longtemps attiré les retraités français grâce à une fiscalité très douce sur les pensions, ne s’applique plus aux pensions pour les nouveaux arrivants depuis 2024. Si quelqu’un vous le promet encore, méfiez-vous.
La santé : le formulaire S1 avant de partir

C’est la démarche que je mettrais tout en haut de la liste. Si vous ne touchez qu’une retraite française, demandez le formulaire S1 à votre caisse de retraite avant de partir.
Une fois sur place, ce document vous permet de vous inscrire auprès de la sécurité sociale espagnole ou portugaise, et d’être soigné comme un assuré local.
Le S1 est individuel.
Votre conjoint doit donc avoir le sien, même s’il ne touche qu’une petite pension.
Lors de vos séjours en France, vous restez pris en charge par la CPAM. Et pour vos voyages temporaires ailleurs en Europe, la carte européenne d’assurance maladie reste délivrée par votre caisse française.
Le système de soins local ne couvre pas tout de la même façon qu’en France. Notre article pour savoir si vous pouvez conserver votre mutuelle française depuis l’étranger vous aidera à combler les trous.
Les impôts : qui taxe votre pension ?

Dès que vous devenez résident fiscal en Espagne ou au Portugal, vous y déclarez vos revenus. La France a signé une convention fiscale avec chacun des deux pays pour éviter la double imposition.
Sauf que la règle n’est pas la même pour toutes les pensions. Les retraites du secteur privé et celles de la fonction publique ne suivent pas forcément le même traitement, d’où l’intérêt de vérifier votre cas précis.
Prévenez aussi l’administration fiscale française de votre départ. Notre article sur les démarches auprès des impôts quand on s’expatrie détaille le calendrier.
Côté retraite : ce qui ne change pas
Votre pension française continue d’être versée, sur un compte français ou local. Vous signalez votre nouvelle adresse à vos caisses depuis votre espace info-retraite.fr.
Ensuite, vos caisses peuvent vous demander chaque année un certificat de vie, un seul pour toutes. L’application gratuite « Mon certificat de vie » permet de le valider depuis votre téléphone.
Pour le reste, notre dossier sur le versement de la retraite à l’étranger fait le tour des questions.
Mon conseil : avant de signer un bail là-bas, demandez votre S1, prévenez vos caisses et prenez rendez-vous avec le consulat. Je ferais ces trois démarches au moins deux mois avant le départ, parce que les délais de rendez-vous sur place peuvent être longs.
Testez vos connaissances
1. Un retraité français a-t-il besoin d’un visa pour s’installer en Espagne ?
Citoyen européen, il n’a pas de visa à demander. Au-delà de trois mois, il s’enregistre auprès des autorités locales.
2. Quel document permet à un retraité de se faire soigner comme un assuré local au Portugal ?
Le S1, demandé à sa caisse de retraite, sert à s’inscrire auprès de la sécurité sociale du pays de résidence. La carte européenne ne couvre que les séjours temporaires.
3. Au bout de combien d’années de séjour légal obtient-on un droit de séjour permanent ?
Cinq ans de séjour légal ininterrompu ouvrent un droit de séjour permanent.
Questions fréquentes
Puis-je garder ma résidence en France et passer six mois par an en Espagne ?
Oui, tant que vous restez résident fiscal français et que votre foyer reste en France. Au-delà de trois mois sur place, l’enregistrement local peut toutefois être exigé.
Le statut fiscal avantageux du Portugal existe-t-il encore pour les retraités ?
Le statut de résident non habituel ne s’applique plus aux pensions pour les nouveaux arrivants depuis 2024. Votre pension relève désormais des règles de la convention fiscale franco-portugaise.
Ma pension française peut-elle être versée sur un compte espagnol ou portugais ?
Oui. Il suffit de transmettre vos nouvelles coordonnées bancaires à vos caisses, depuis votre espace info-retraite.fr.





