Oui, vous pouvez toucher votre retraite française en vivant à l’étranger. Vos droits ne s’arrêtent pas à la frontière.
Ce qui change, ce sont les démarches, la santé et les prélèvements. Et c’est là que beaucoup de futurs expatriés se font surprendre.
Je suis Virginie. Je vais sur mes 60 ans, et l’envie de partir au soleil me traverse parfois l’esprit. J’ai donc listé ce qu’il faut régler avant, et pendant.
Avant de partir : prévenir vos caisses
Votre pension continue d’être versée, mais vos caisses doivent connaître votre nouvelle adresse. Signalez-la depuis votre espace sur info-retraite.fr, dont le service de changement de coordonnées prévient vos caisses en une fois.
Profitez-en pour choisir où vous serez payé. Vous pouvez garder votre compte en France ou demander un virement sur un compte local, en vérifiant d’abord les frais de votre banque. Le détail est dans notre article sur changer son adresse de paiement de retraite en cas d’expatriation.
Si vous n’êtes pas encore retraité, rien ne change pour la demande. Elle se fait en ligne comme en France, et vos caisses calculent vos droits à partir de votre carrière.
Chaque année : le certificat de vie
C’est la démarche qui conditionne tout le reste. Vos caisses peuvent vous demander une preuve d’existence une fois par an, quelle que soit votre nationalité.
Le plus rapide est l’application Mon certificat de vie, avec une reconnaissance faciale à partir de votre pièce d’identité. Sinon, faites viser le formulaire par une autorité locale ou le consulat, puis déposez-le dans votre espace en ligne.
Vous avez un mois après la notification pour le renvoyer. Passé ce délai, le versement peut être suspendu.
Personnellement, c’est ce rappel que je mettrais dans mon agenda dès l’installation. Un oubli, et la pension s’arrête le temps de régulariser.
Votre santé : le point le plus sensible

Votre couverture dépend du pays choisi.
Et elle mérite plus d’attention que la pension elle-même.
- Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen et en Suisse, un retraité qui ne touche qu’une pension française peut s’inscrire auprès de la sécurité sociale locale avec le formulaire S1. La France prend en charge ses soins sur place.
- Dans un pays lié à la France par une convention de sécurité sociale, tout dépend du contenu de l’accord. Certains couvrent les soins, d’autres non.
- Ailleurs, vous n’êtes pas couvert sur place par la France. Il faut prévoir une assurance, par exemple la Caisse des Français de l’étranger ou un contrat privé.
Pour les séjours en France, les règles varient aussi selon votre situation. Notre article puis-je continuer à bénéficier de la sécurité sociale depuis l’étranger détaille chaque cas.
Les prélèvements sur votre pension
Si vous n’êtes plus résident fiscal en France, vous ne payez plus la CSG, la CRDS ni la Casa sur votre pension.
Sauf que si vos soins restent pris en charge par l’Assurance maladie française, une cotisation maladie spécifique les remplace. Elle est de 3,2 % sur la retraite de base, et une cotisation s’applique aussi sur la complémentaire.
Côté impôt sur le revenu, tout dépend de la convention fiscale signée avec votre pays d’accueil. Elle décide si votre pension est imposée en France, dans votre nouveau pays, ou partagée entre les deux.
Les pensions de la fonction publique suivent souvent une règle à part, et restent fréquemment imposables en France. Vérifiez la convention avant de choisir votre destination.
Le bon ordre des démarches
Pour ne rien oublier, voici la liste que je me suis faite.
- Vérifier la couverture santé dans le pays visé, avant même de chercher un logement.
- Lire la convention fiscale entre la France et ce pays.
- Signaler la nouvelle adresse et, si besoin, le nouveau compte bancaire dans votre espace info-retraite.fr.
- Prévenir les impôts de votre départ lors de la déclaration de revenus suivante.
- Noter dans l’agenda la période du certificat de vie annuel.
Si vous hésitez encore sur la destination, notre article sur les pays où la retraite française est versée sans problème compare l’Europe, les pays conventionnés et les autres.
Mon conseil : avant de signer quoi que ce soit, appelez votre caisse de retraite et posez-lui trois questions précises sur votre santé, vos prélèvements et votre certificat de vie dans le pays choisi. C’est ce que je ferai moi-même. Une demi-heure au téléphone vaut mieux que des mois de régularisation.
Testez vos connaissances

1. À quelle fréquence vos caisses peuvent-elles demander un certificat de vie ?
La preuve d’existence peut être demandée chaque année, à renvoyer dans le mois qui suit la notification.
2. Un retraité non-résident fiscal paie-t-il la CSG sur sa pension ?
La CSG n’est pas due. Si ses soins restent à la charge de l’Assurance maladie française, une cotisation maladie de 3,2 % s’applique sur la retraite de base.
3. Quel formulaire permet à un retraité français de se faire soigner dans un pays de l’UE où il s’installe ?
Le S1 permet de s’inscrire auprès de la sécurité sociale du pays de résidence, aux frais de la France.
Questions fréquentes
Ma pension baisse-t-elle si je pars vivre à l’étranger ?
Son montant brut ne change pas. Ce sont les prélèvements qui changent : plus de CSG ni de CRDS si vous n’êtes plus résident fiscal, mais une éventuelle cotisation maladie et un impôt qui dépend de la convention fiscale.
Puis-je demander ma retraite depuis l’étranger ?
Oui. La demande se fait en ligne sur info-retraite.fr, comme depuis la France, et elle est transmise à tous vos régimes.
Que se passe-t-il si j’oublie le certificat de vie ?
Le versement peut être suspendu passé le délai d’un mois. Il reprend une fois le certificat reçu et traité par vos caisses.





